Tshisekedi, le mythe tire sa révérence

EtEtienne-Tshisekedi-au-centre-au-conclave-l-opposition-Bruxellesienne Tshisekedi s’est éteint mercredi dernier à Bruxelles.  Le leader du Rassemeblement des forces politiques pour l’alternance est arrivé en Belgique une semaine plus tôt “pour un simple contrôle médical”, laissait-on entendre du côté de ses proches. 

Etienne-Tshisekedi-au-centre-au-conclave-l-opposition-BruxellesSa situation se serait dégradée assez radidement par la suite.  Agé de 85 ans, l’état de santé de Tshisekedi n’avait, à vrai dire, cessé de décliner ces dernières années.  C’est ainsi qu’il a été retenu près de deux ans, de 2014 à 2016, pour des soins de santé plus appropriés en Belgique.

La disparution d’Etienne Tshisekedi est une perte énorme.  Tout particulièrement pour l’opposition mobutiste qui misait sur cet homme autoritaire pour négocier avec la majorité au pouvoir.  Les discussions qui ont cour actuellement à Kinshasa, sous l’égide de l’église catholique, s’annocent désormais plus compliquées pour elle.  Il va donc falloir illico trouver un successeur au vieux leader kasaïen.   Deux noms se profilent d’ores et déjà.   Celui de Moïse Katumbi Chapwe, et de Félix Tshisekedi Tshilombo.

Katumbi aurait beaucoup de mal à fouler les pieds sur le sol congolais dans le contexte actuel.  Plusieurs affaires lui pendent au nez, allant d’escroquerie des biens d’autrui au crimes de haute trahison de l’état.  Quant à Félix Tshisekedi, beaucoup d’observateurs trouvent qu’il n’a pas d’épaules assez larges pour succéder à son père et permettre à cette opposition de parler d’une seule voix.

Une frange de la population congolaise considère, elle aussi, la mort d’Etienne Tshisekedi comme une perte.  L’homme a été hissé au niveau de mythe national.   Pour avoir combattu le maréchal dictateur, Tshisekedi passe pour un dieu.  De plus, son discours populiste séduit les masses : “Le peuple avant tout”, tel est le slogan de l’Udps, le parti de M.  Tshisekedi, qui reprend le mot d’ordre du Ptb (le parti du travail de la Belgique) qui dit “Le peuple d’abord” … sans qu’il n’y ait le moindre lien idélogologique.

Après 32 années de pouvoir aux côtés de son ami, le dictateur maréchal Mobutu, Tshisekedi a été plusieurs fois ministre depuis 1960.   Mais  chez lui, à Kabeya Kamwanga, dans le Kasaï, il n’y a jamais construit la moindre école, le moindre hôpital.  Il n’y a pas d’électricité, ni eau courante, non plus. Mais le bien être du  peuple demeure le slogan…

(c)deboucongolais.eu/02/01/2017