Violences au Congo, Tshisekedi en voudrait-il encore et toujours?

Tshsiekedi appelle ses militants à continuer à descendre dans la rue.  Histoire d’obliger Kabila à quitter le pouvoir.  Le sang de la trentaine des victimes comptées par les organisations des droits de l’homme n’a visiblement pas ébranlé outre mesure la détermination du vieil opposant de 84 ans qui tente de prendre le fauteuil de Joseph Kabila.

Georges Alves

Le dirigeant du Rassemblement des partis de l’opposition, Etienne Tshisekedi, a appelé les Congolais, ce mercredi, à poursuivre la mobilisation jusqu’au départ du président Kabila quel qu’en soit le prix.  La manifestation annoncée pacifique s’est transformée en des émeutes violentes dirigées par des groupes de casseurs et pilleurs contre le pouvoir à Kinshasa tout particulièrement. Ces émeutes commencées lundi et poursuivies dans la nuit du lundi au mardi, ont coûté la vie à une trentaine de personnes dont 6 policiers, selon un bilan provisoire publié par des organisations des droits de l’homme.

Pour Docteur Mukwege, un chirurgien congolais réputé « réparateur des femmes » violées à l’est du Congo, qui s’est exprimé le même mercredi sur la chaîne publique belge (la Rtbf), le président Kabila serait le coupable tout désigné de ses violences.  Le Chef de l’Etat aurait dû, selon lui, annoncer qu’il ne serait pas candidat pour un troisième mandat pour calmer les ardeurs de l’opposition et empêcher ainsi l’organisation des manifestations.

Le dialogue comme solution

Idriss Déby qui est le président en exercice de l’Union Africaine invite quant à lui les politiciens congolais « à privilégier le dialogue » pour résoudre leurs différends. Un forum dénommé justement « dialogue national » se déroulement en ce moment à Kinshasa.  Celui-ci rassemble des politiques (de l’opposition et de la majorité) à des membres de la société civile, depuis le 2 septembre courant, en présence de plusieurs experts venus de l’étranger.

Les discussions portent sur l’établissement d’un calendrier électoral consensuel, des moyens à mobiliser pour lesdites élections et la mise à jour d’un nouveau fichier électoral national qui devrait intégrer plus de 8 millions de nouveaux électeurs et permettre ainsi d’organiser cette fois des scrutins démocratiques et apaisés à tous les niveaux.  Opposition et Majorité reconnaissent chacune de son côté que les élections de 2006 et 2011 étaient entachées de violences et d’irrégularités et qu’il convient de prendre des dispositions pour que cela ne se répète pas.  Etienne Tshisekedi et Moïse Katumbi, l’ancien gouverneur de l’ex-province du- Katanga, sont les seuls grands absents à ce forum national qui se veut avant tout « inclusif ».

Un décret de la Cour constitutionnelle publié au mois d’avril dernier stipule que le Chef de l’Etat en exercice reste en fonction jusqu’à l’élection de son successeur.  Une directive que le Rassemblement autour de MM. Tshisekedi et Katumbi appelle à boycotter en envoyant des jeunes dans la rue.

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